Les procédés de soudage ne se choisissent pas au hasard, parce qu’ils n’acceptent ni les mêmes métaux, ni les mêmes gestes, ni les mêmes défauts de préparation. Avec la soudure TIG, ce qui fait hésiter, c’est qu’on la présente à la fois comme très précise, assez simple dans son principe, mais plus lente et plus sensible que le MIG. Voici ce qu’elle soude vraiment, ce qui la limite sur l’établi, et la méthode concrète pour comparer TIG et MIG sans se tromper de chantier.
L’essentiel en clair :
- La soudure TIG assemble l’acier, l’inox, le cuivre, le titane, la fonte, l’or et l’argent, sur des pièces de 1 à 10 mm d’épaisseur, avec ou sans métal d’apport.
- La soudure MIG travaille plus vite et convient bien aux tôles fines, sur des épaisseurs de 0,6 à plus de 7 mm, avec un fil fusible déroulé automatiquement dans la torche.
- Le TIG et le MIG ont le même point faible en atelier ouvert : le courant d’air perturbe le gaz de protection et dégrade le cordon.
- En TIG, l’électrode en tungstène ne fond pas, se tient à 2 mm de la pièce, et la torche s’incline autour de 75° pour former un bain propre et précis.
- Pour un bricoleur, le vrai choix se fait sur le résultat attendu : cordon fin et contrôle du bain en TIG, cadence plus rapide et geste plus simple au MIG.
Préparer un essai propre en TIG et comparer au MIG
- Poste à souder TIG, ou poste MMA compatible TIG
- Torche TIG à valve si vous utilisez un poste MMA convertible
- Bouteille d’argon
- Pince de masse
- Électrodes en tungstène à affûter
- Baguettes de métal d’apport non enrobées, de même nature que les pièces si vous soudez avec apport
- Buses de tailles adaptées à l’épaisseur des pièces
- Deux chutes métalliques propres à assembler, entre 1 et 3 mm pour un premier essai
- Meule ou dispositif d’affûtage pour la pointe en tungstène
- Brosse métallique dédiée au métal travaillé
- Dégraissant adapté et chiffon propre
- Établi stable, sec et dégagé
- Masque de soudage, gants, veste coton épais ou cuir, chaussures fermées
Comptez un budget nettement plus élevé en TIG qu’en MMA simple, à cause de la torche dédiée et surtout de la bouteille de gaz. Et prévoyez du temps. Pour un premier essai comparatif sur deux petites chutes, il faut facilement 30 à 45 minutes entre préparation, réglages et passes.
Sécurité : travaillez sur support sec, loin de tout produit inflammable. Le poste et la bouteille doivent rester stables. Ne soudez jamais dans un courant d’air forcé, près d’un seau d’eau ou avec des câbles abîmés. Une bouteille de gaz se stocke verticale, sanglée ou calée.
Tester la soudure TIG pas à pas
- Choisissez deux pièces adaptées au procédé. Pour un premier test, prenez de l’acier ou de l’inox de faible épaisseur, autour de 1 à 3 mm. Le TIG est fait pour les pièces fines et reste utilisable jusqu’à 10 mm, mais ce n’est pas là qu’il est le plus confortable pour débuter.
- Nettoyez soigneusement les bords à assembler. Brossez, dégraissez et éliminez peinture, rouille, calamine et gras. En TIG, le bain réagit vite à la moindre saleté : un bord mal préparé se voit tout de suite sur le cordon.
- Montez la torche et la masse. Si vous partez d’un poste MMA compatible, raccordez la torche TIG à valve au pôle négatif et gardez la pince de masse classique. Installez l’argon et vérifiez les connexions avant d’ouvrir le gaz.
- Affûtez l’électrode en tungstène. La pointe doit être nette pour garder de la précision. C’est un point simple, mais capital : une électrode émoussée élargit le bain et rend le geste flou.
- Réglez la buse, l’électrode, l’ampérage et l’apport. Tous ces réglages dépendent de l’épaisseur de la pièce. Plus elle change, plus vous devez revoir l’ensemble, pas seulement l’intensité. C’est une différence concrète avec le MIG, souvent plus rapide à remettre en route une fois calé.
- Placez la torche à la bonne distance. Tenez l’électrode à environ 2 mm de la plaque pour former le bain de fusion. Ne touchez pas la pièce avec le tungstène. Si vous contaminez la pointe, arrêtez et réaffûtez.
- Inclinez la torche et amorcez le bain. Donnez à la torche une inclinaison d’environ 75°. Le bain de fusion doit atteindre à peu près deux fois le diamètre de l’électrode. À ce moment-là, le métal devient brillant, rouge et fluide.
- Ajoutez le métal d’apport si l’assemblage le demande. Présentez la baguette dans la zone protégée par le gaz, sans la faire entrer en contact avec l’arc. L’idée est d’alimenter le bain sans perturber la protection gazeuse.
- Avancez régulièrement. Déplacez le bain de fusion lentement, sans gestes brusques. En TIG, la cadence reste plus lente qu’en MIG. C’est normal. Sur un petit joint droit de quelques centimètres, vous pouvez faire toute la soudure en une seule fois si la préparation est propre.
- Laissez le gaz protéger la fin du cordon. En fin de soudure, ne coupez pas le gaz tout de suite. Attendez quelques secondes, le temps que l’électrode refroidisse. Ce petit réflexe évite d’abîmer la pointe et aide à garder une finition correcte.
Reconnaître un cordon TIG correct
Avec métal d’apport, la soudure doit être nette, de couleur argent, sans laitier et avec une très faible surépaisseur. Sans apport, elle doit rester lisse, légèrement en creux par rapport aux deux plaques. Si vous voyez un cordon terne, irrégulier ou trop bombé, cherchez d’abord du côté de la préparation, de la distance électrode-pièce ou du gaz balayé par l’air.
Pour compléter vos repères sur les procédés à l’arc, vous pouvez aussi lire le métier de soudeur et ses qualifications, utile pour comprendre pourquoi certains gestes paraissent simples sur le papier et demandent pourtant de vraies heures de pratique.
Que soude le TIG, et où s’arrête-t-il ?
Le TIG couvre large sur les métaux : acier, inox, cuivre, titane, fonte, or et argent. Son terrain naturel, c’est la pièce fine, l’assemblage propre et le bain qu’on veut contrôler au millimètre. Il peut travailler dans toutes les positions, ce qui compte dès qu’on quitte la soudure à plat sur établi.
Mais il a des limites franches. D’abord, il est sensible au courant d’air, parce que le gaz de protection doit envelopper correctement l’arc et le bain. Ensuite, il avance moins vite que le MIG. Si vous avez de la longueur à produire sur de la tôle ou une série de points à enchaîner, cette lenteur finit par peser. Enfin, le réglage est plus exigeant : électrode, buse, intensité et apport vont ensemble.
| Procédé | Métaux indiqués | Épaisseur indiquée | Apport | Point fort | Limite nette |
|---|---|---|---|---|---|
| TIG | Acier, inox, cuivre, titane, fonte, or, argent | 1 à 10 mm | Avec ou sans baguette | Contrôle précis du bain et finition propre | Sensible au courant d’air |
| MIG | Acier, alu, inox | 0,6 à plus de 7 mm | Fil fusible en bobine | Travail rapide | Sensible au courant d’air |
| MMA | Acier, inox, fonte, aluminium avec résultat moyen | 1 à 10 mm | Électrode enrobée | Travail possible en extérieur | Laitier à nettoyer |
Pourquoi le MIG va plus vite ?
Le MIG utilise un fil fusible déroulé automatiquement jusqu’à la torche. Vous n’avez pas à présenter séparément une baguette d’apport, ni à gérer une électrode non fusible à quelques millimètres de la pièce. Une fois les réglages posés, le geste est plus direct et le rythme plus soutenu.
Sur des tôles fines, c’est un avantage concret. Le MIG couvre de 0,6 à plus de 7 mm et convient bien quand il faut enchaîner. Il reste lui aussi dépendant du gaz de protection, donc pas à l’aise en plein air. Si votre priorité est la cadence sur des assemblages courants, il prend souvent l’avantage. Si vous voulez un bain très lisible et un cordon plus fin, le TIG garde la main.
Le courant d’air ruine le gaz
Le défaut typique du TIG comme du MIG, c’est le poste installé trop près d’une porte ouverte, d’un ventilateur ou d’un passage d’air. Le gaz de protection se disperse, l’arc devient moins stable et le bain s’oxyde. Sur le cordon, cela se traduit vite par une finition sale, moins régulière, parfois moins solide.
Le bon réflexe est simple : soudez en intérieur calme, ou isolez la zone. Et gardez votre torche stable. Inutile d’augmenter les gestes pour compenser, ça empire la chose. Sur établi, un test très parlant consiste à faire deux cordons identiques sur chute, l’un dans une zone abritée, l’autre avec un flux d’air léger à proximité. La différence se voit immédiatement.
Le tungstène touché fausse tout
En TIG, toucher la pièce avec l’électrode en tungstène est l’erreur qui revient le plus souvent au démarrage. Dès que la pointe se contamine, l’arc perd en netteté. Vous aurez tendance à accuser l’intensité ou le gaz, alors que le problème est au bout de la torche.
Arrêtez, réaffûtez, puis reprenez. Ne cherchez pas à finir quand la pointe a pris un contact. L’autre piège, c’est la baguette d’apport amenée trop loin, jusqu’à l’arc lui-même. Elle doit entrer dans la zone protégée, pas heurter le tungstène. Sur ce point, le TIG demande vraiment les deux mains et un rythme calme.
Questions fréquentes
La soudure TIG soude-t-elle l’aluminium ?
Les éléments fournis ici décrivent le TIG DC pour l’acier, l’inox, le cuivre, le titane, la fonte, l’or et l’argent. Ils ne donnent pas de règle exploitable sur l’aluminium dans ce cadre précis. Pour un achat ou un réglage, il faut donc vérifier le mode proposé par le poste visé plutôt que supposer que tous les appareils feront ce métal de la même façon.
Peut-on faire du TIG avec un poste MMA ?
Oui, certains postes MMA peuvent fonctionner en TIG. Il faut alors une bouteille d’argon, une torche TIG spéciale à valve raccordée au pôle négatif, et la pince de masse reste la même. C’est une solution pratique pour découvrir le procédé sans changer toute la machine d’un coup.
Le TIG se fait-il sans baguette d’apport
Oui. Le procédé permet soit d’ajouter une baguette non enrobée de même nature que les pièces, soit de souder sans apport en faisant simplement fusionner les bords. Sans apport, le cordon reste lisse et légèrement en creux si le bain a été bien tenu.
Quelle distance garder entre l’électrode et la pièce ?
Le repère donné pour travailler proprement est d’environ 2 mm. Plus près, vous risquez de contaminer la pointe ; plus loin, l’arc devient moins précis et le bain plus difficile à contrôler. C’est un très bon point de départ pour s’exercer.
Pourquoi une soudure TIG devient terne ?
Un cordon TIG propre doit rester net et argenté avec apport. Si la finition ternit, regardez d’abord la préparation des bords, la stabilité de la main et la protection gazeuse perturbée par un courant d’air. Couper le gaz trop vite en fin de passe peut aussi dégrader la pointe.
Le MIG est-il plus facile pour débuter ?
Pour beaucoup de petits assemblages courants, oui, parce que le fil d’apport se déroule automatiquement et que le travail est plus rapide. Le TIG reste plus fin, mais demande de tenir l’arc, la distance, l’inclinaison et parfois la baguette en même temps. Sur une petite tôle, la différence de confort se sent dès les premiers essais.
Sources
Sources consultées le 30 septembre 2026.
Informations vérifiées à cette date ; des évolutions ultérieures sont possibles. Vérifiez auprès de la source officielle.
- Faire une soudure TIG avec un poste à souder MMA, www.systemed.fr/materiel-d-atelier-protection/soudure-a-l-arc-utiliser-mode-tig,2847.html
- MIG-MAG, MMA, TIG : choisir son système de soudure à l’arc, www.systemed.fr/materiel-d-atelier-protection/quel-systeme-soudure-a-l-arc-choisir,2845.html