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ATSFFAbâtiment · industrie

Chantier30 octobre 20267 minPar

Faîtage d’une maison : ce que c’est, et à quoi on voit qu’il faut le refaire

Tuiles faîtières en terre cuite alignées sur la ligne haute d’un toit de tuiles

Une tuile glisse sur le toit après une tempête, ou une tache gagne le plafond du dernier étage alors que la couverture courante paraît intacte. Dans les deux cas, le suspect est le même : la ligne qui couronne la toiture, que personne ne regarde depuis le sol et que le premier coup de vent met à l’épreuve. Le faîtage d’une maison tient en peu de pièces, mais chacune a un rôle précis, et le couvreur qui le refait doit pouvoir dire lequel.

En bref

  • Le faîtage est la ligne haute de la toiture, là où deux versants se rejoignent et se partagent les eaux de pluie ; ses faîtières, posées à sec ou scellées, assurent l’étanchéité et la solidité de l’ensemble.
  • Un faîtage se refait lorsqu’une faîtière bouge ou manque, lorsque le mortier de scellement se fissure ou se détache, ou lorsque de l’eau apparaît sous la toiture en partie haute.
  • Le mode d’origine compte : sur un toit ancien, le faîtage se fait au mortier de chaux, alors que le faîtage à sec avec closoir ventilé relève des couvertures récentes en tuiles à emboîtement.
  • Le prix se chiffre au mètre linéaire et dépend du mode de pose et de l’état de l’existant ; un devis doit détailler chaque poste.

Qu’est-ce que le faîtage d’une maison ?

Le faîtage est la ligne la plus haute d’une toiture, celle où les deux pentes se rejoignent. La fiche conseil de l’Unité départementale de l’architecture et du patrimoine de l’Hérault le décrit comme la ligne de partage des eaux entre les deux pentes, qui doit assurer l’étanchéité et la solidité de la couverture.

Le mot désigne à la fois cette ligne et l’ouvrage qui la recouvre. La tuile faîtière, définie par le Grand dictionnaire terminologique de l’Office québécois de la langue française comme la tuile qui recouvre le faîte d’un toit et assure la jonction entre les deux versants, en est la pièce visible. Sur une toiture à plusieurs pans, les arêtiers prolongent le faîtage ; ils se traitent avant lui lorsqu’on pose les closoirs.

De quoi se compose un faîtage ?

Un faîtage de tuiles à emboîtement comprend trois éléments : les tuiles sous-faîtières, un closoir et les faîtières. Le guide de pose d’un fabricant, établi sur le NF DTU 40.21 (tuiles à emboîtement à relief, en vigueur depuis le 18 octobre 2013), précise que le choix de la tuile sous-faîtière dépend de la longueur du versant : un pureau, trois quarts de pureau ou un demi-pureau.

Le closoir ventilé évacue l’air de l’espace ventilé sous la couverture et le renouvelle, ce qui protège le faîtage et l’arêtier. Le Mémo Chantier « Couvertures ardoises et tuiles » de l’Agence qualité construction (AQC, 4e édition, septembre 2021) demande de prévoir une entrée d’air à l’égout et une autre en partie haute, et une faîtière adaptée lorsque l’écran sous toiture n’est pas HPV. Les faîtières sont ensuite fixées par un crochet adapté au modèle, vissé dans la lisse de rehausse.

Pour les closoirs souples ventilés en aluminium et polypropylène d’un fabricant, la notice de pose fixe ces repères :

  • chaque closoir recouvre le précédent de 5 cm ;
  • la fixation se fait toutes les 30 cm, par agrafes ou clous ;
  • les ailes des closoirs recouvrent la tuile de 10 cm, ou de 8 cm dans les creux des tuiles profilées ;
  • les closoirs d’arêtier se posent avant celui du faîtage, qui doit les recouvrir sur toute leur largeur ;
  • le faîtage se pose en partant de l’extrémité opposée aux vents dominants.

Quelle différence entre un faîtage à sec et un faîtage scellé ?

Le faîtage à sec se passe de mortier : les faîtières à emboîtement sont fixées mécaniquement sur un closoir ventilé, alors que le faîtage scellé maçonne les tuiles de faîtage dans un mortier. Le Mémo Chantier de l’AQC présente ces deux options, toutes deux soumises aux DTU de la série 40.1 et 40.2.

CritèreFaîtage à secFaîtage scellé
Liaison des faîtièresCrochet ou vis dans la lisse de rehausse, sans mortierTuiles maçonnées au mortier de chaux
Ventilation de la couvertureClosoir ventiléPas de closoir ventilé sur un toit ancien : dispositions d’origine respectées
Couverture viséeTuiles à emboîtement récentes (NF DTU 40.21)Toits anciens, tuiles canal
Point de vigilanceFaîtière adaptée si l’écran n’est pas HPVChevauchement des tuiles côté opposé au vent dominant de pluie

Dans le premier cas, une variante du guide du fabricant associe des sous-faîtières demi-pureau et des faîtières demi-rondes à emboîtement grand modèle : aucune étanchéité complémentaire n’est alors nécessaire, sauf protection contre la neige poudreuse. Dans le second, la fiche de la DRAC Occitanie prévoit le scellement au mortier de chaux pour le faîtage, les arêtiers et, en rive, la double rangée de tuiles de couvert. Elle ajoute que les faîtages à closoirs ventilés ne conviennent pas aux toits anciens, puisque le montage à sec ne respecte pas les dispositions d’origine.

À quoi voit-on qu’il faut refaire un faîtage ?

Il faut le refaire quand il ne remplit plus l’une de ses deux fonctions, l’étanchéité ou la tenue au vent. Les symptômes se lisent selon le mode de pose.

Ce que l’on observeCe que cela indique
Faîtière déplacée, glissée ou manquante après un coup de ventLa fixation (crochet, vis) ou le scellement a cédé ; les faîtières voisines sont à contrôler
Mortier fissuré, effrité ou détaché entre les faîtièresLe scellement ne retient plus la tuile et laisse l’eau entrer
Tache d’humidité sous le faîtage ou au dernier plafondDe l’eau passe par le haut, à confirmer par l’inspection du faîtage et du closoir
Closoir absent, déchiré ou mal fixéLa ventilation et l’étanchéité du faîtage ne sont plus assurées

Un seul indice ne suffit pas : une tache au plafond peut venir d’ailleurs que du faîtage, et seul un contrôle sur la toiture le tranche. Le couvreur doit aussi refaire à l’identique sur un toit ancien, puisque la fiche de la DRAC écarte le montage à sec sur ce type de couverture.

Quel est le tarif pour refaire un faîtage, et que doit comprendre le devis ?

Un faîtage se chiffre au mètre linéaire, et son total dépend de sa longueur, du mode choisi et de l’état de ce qu’il faut déposer. Deux devis ne se comparent que s’ils détaillent les mêmes postes.

  • la dépose des anciennes faîtières et, pour un faîtage scellé, de l’ancien mortier ;
  • la fourniture du closoir (ventilé pour un faîtage à sec) et des faîtières neuves ou réemployées ;
  • les fixations (crochets, vis avec rondelle d’étanchéité) ou le mortier de scellement ;
  • la protection de la couverture et du chantier en hauteur ;
  • l’évacuation des déchets.

Le mode de faîtage doit être écrit sur le devis, puisque l’un et l’autre ne s’adaptent pas à toutes les couvertures.

Questions fréquentes

Peut-on passer d’un faîtage scellé à un faîtage à sec ?

Sur un toit ancien, la fiche de la DRAC Occitanie l’écarte, car le montage à sec ne respecte pas les dispositions d’origine. Sur une couverture récente en tuiles à emboîtement, le NF DTU 40.21 décrit la pose à sec ; il faut alors vérifier que la faîtière convient à l’écran sous toiture, comme le rappelle l’AQC pour un écran non HPV.

Que veut dire « sous-faîtière » ?

C’est la tuile posée juste sous la faîtière, au sommet de chaque versant. Son choix dépend de la longueur du versant : un pureau, trois quarts de pureau ou un demi-pureau, selon le guide de pose établi sur le NF DTU 40.21.

Un faîtage doit-il être ventilé ?

La couverture doit être ventilée : l’AQC demande une entrée d’air à l’égout et une en partie haute, et prévoit la ventilation de l’écran lorsqu’il n’est pas HPV. Le closoir ventilé du faîtage sert à évacuer l’air de l’espace situé sous les tuiles.

Dans quel sens poser les closoirs et les tuiles de faîtage ?

À l’opposé des vents dominants. La notice de pose de closoirs ventilés impose de partir de l’extrémité opposée à ces vents, et la fiche de la DRAC donne la même règle pour les tuiles scellées, qui se chevauchent du côté opposé au vent dominant de pluie.

Peut-on refaire un faîtage soi-même ?

Le travail se fait en hauteur, sur une crête étroite, et il impose des protections que seul un professionnel équipé met en place. Si une inspection ou une intervention doit tout de même avoir lieu, l’article sur le choix d’un casque de chantier rappelle l’équipement de base à prévoir.

Sources

Sources consultées le 30 octobre 2026, présentées sans liens cliquables.

  • Agence qualité construction (AQC), « Mémo Chantier, Couvertures ardoises et tuiles », 4e édition, septembre 2021, mis en ligne le 30 mai 2024. https://qualiteconstruction.com/wp-content/uploads/2024/05/Memo-Chantier-Couvertures-Ardoises-Tuiles-AQC.pdf
  • UDAP de l’Hérault, DRAC Occitanie, « Rénovation de couverture, tuile en terre cuite », fiche conseil. https://www.culture.gouv.fr/Media/Medias-creation-rapide/Renovation-de-couverture-Tuile-en-terre-cuite
  • Office québécois de la langue française, Grand dictionnaire terminologique, « tuile faîtière ». https://vitrinelinguistique.oqlf.gouv.qc.ca/fiche-gdt/fiche/8889999/tuile-faitiere
  • Chausson Matériaux, guide de pose d’une tuile à emboîtement (NF DTU 40.21), fiche de pose. https://www.chausson.fr/media/article-document/273854
  • Chausson Matériaux, « Mise en œuvre des closoirs souples ventilés aluminium et polypropylène ». https://cdn.chausson.fr/catalog-document/ff1a5536-213e-430b-a0b3-22fae88f2598/mise-20en-20oeuvre-20closoirs-20souples-20elos.pdf

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