Comment faire un devis d’électricité qui tienne vraiment la route, et pourquoi voit-on des modèles qui se contredisent sur ce qu’il faut y mettre ? C’est souvent là que ça coince : entre le simple chiffrage rapide, le document commercial et l’écrit qui engage, beaucoup mélangent tout. Pour un dépannage, une rénovation partielle ou une remise aux normes, le niveau de détail ne se gère pas pareil. Reste à savoir quoi relever sur place, quoi écrire ligne par ligne, et quelles mentions vous lient une fois le document signé.
L’essentiel en clair :
- Un devis d’électricité devient un engagement contractuel une fois daté et signé par le client, avec la mention d’acceptation type « bon pour accord » et « devis reçu avant l’exécution des travaux ».
- Pour être exploitable, il doit détailler séparément les fournitures, la main-d’œuvre, les frais de déplacement, les totaux HT et TTC, le taux de TVA, l’adresse exacte du chantier, la date d’émission et la durée de validité de l’offre.
- Sur un chantier électrique, un relevé technique sur place fait gagner du temps ensuite : comptez souvent 30 à 90 minutes de visite pour éviter un devis trop vague du type « mise aux normes 3 000 € » qui ouvre la porte aux litiges.
- Les repères de prix les plus courants se jouent souvent à la ligne : prise encastrée entre 40 et 80 € HT, tirage de câble entre 5 et 15 € HT par mètre linéaire, point lumineux entre 50 et 120 € HT, tableau entre 800 et 2 500 € HT selon le niveau d’intervention.
- Le piège le plus fréquent est de modifier un devis signé sans trace écrite : dès que le chantier évolue, il faut un avenant accepté, sinon la ligne ajoutée ou le surcoût se discute mal.
Le relevé qui permet un devis d’électricité solide
- Bloc-notes ou tablette pour relever pièce par pièce.
- Mètre ruban de 5 m minimum.
- Télémètre laser si le logement est grand ou cloisonné.
- Lampe frontale pour combles, sous-sol, tableau peu éclairé.
- Testeur de tension et VAT si vous devez vérifier une présence de courant.
- Tournevis isolés, uniquement si vous êtes habilité et autorisé à ouvrir.
- Appareil photo ou smartphone pour photographier tableau, circuits et anomalies.
- Plan du logement, s’il existe.
- Liste type des postes à chiffrer : tableau, protections, prises, interrupteurs, points lumineux, tirage de câble, saignées, rebouchage, déplacement.
- Équipements de protection si visite technique sur installation active : gants adaptés, chaussures fermées, lunettes si ouverture d’un coffret.
Monter un devis d’électricité sans rien oublier
- Commencez par qualifier le chantier. Notez s’il s’agit d’un dépannage, d’une rénovation partielle, d’une rénovation totale, d’une mise en sécurité, d’une mise en conformité ou d’une intervention ciblée comme un remplacement de tableau. Ce point change tout : une panne ponctuelle se chiffre souvent au forfait ou à l’heure, alors qu’une rénovation se détaille poste par poste.
- Relevez l’adresse exacte et les coordonnées complètes. Inscrivez le nom du client, son adresse, puis l’adresse du chantier si elle est différente. Côté entreprise, préparez raison sociale, adresse, SIRET, téléphone, e-mail, numéro de TVA intracommunautaire si vous y êtes assujetti, ainsi que RCS ou répertoire des métiers.
- Faites une visite technique avant de chiffrer. Prenez 30 à 90 minutes selon la taille du logement. Comptez les prises existantes, les points lumineux, le nombre de rangées au tableau, la présence ou non de terre, l’accessibilité des gaines, les passages en combles, les percements et les reprises de finition. Sécurité : ne démontez rien sous tension si vous n’êtes pas habilité ; une visite de devis n’est pas un dépannage sauvage.
- Photographiez les points sensibles. Prenez le tableau, les départs visibles, les vieux fusibles, les circuits ajoutés en apparent, les zones humides, les combles encombrés, les volumes de salle de bains et les alimentations spécialisées. Ces photos servent ensuite à ne pas oublier un poste comme un coffret de communication, un différentiel ou une ligne dédiée.
- Découpez le chantier en lignes facturables. Créez une ligne par prestation claire : dépose ancien tableau, fourniture coffret, pose interrupteur différentiel 30 mA, remplacement prises, tirage de câble au mètre linéaire, recherche de panne, déplacement, essais. Plus les lignes sont nettes, moins le client discute ce qui était compris ou non.
- Quantifiez chaque poste avec une unité précise. Utilisez l’unité adaptée : unité, mètre linéaire, heure, forfait, journée. Évitez les lignes globales. Écrire « rénovation électrique cuisine » sans quantité ni détail, c’est faible. Écrire « 6 prises encastrées », « 18 ml de câble », « 1 coffret 3 rangées », c’est défendable.
- Chiffrez les fournitures séparément. Détaillez câbles, gaines, tableau, disjoncteurs, interrupteurs, prises, luminaires si fournis, DAAF si prévu, petit matériel. Si une marque ou une référence a été convenue, notez-la. Ce n’est pas une obligation stricte, mais en cas de contestation, c’est bien plus propre.
- Chiffrez la main-d’œuvre selon la bonne logique. Vous pouvez travailler à l’heure, au forfait, au coût plus marge ou à l’unité de tâche. Pour un petit chantier, une prise encastrée peut se retrouver entre 40 et 80 € HT, un point lumineux entre 50 et 120 € HT, un tirage de câble entre 5 et 15 € HT par mètre linéaire, un déplacement et diagnostic entre 50 et 80 € HT. Pour un tableau, la fourchette peut aller de 800 à 2 500 € HT selon qu’on parle d’une mise en conformité ou d’un remplacement plus lourd.
- Ajoutez les frais annexes visibles dès le départ. Déplacement, stationnement, petite fourniture, location éventuelle, gestion des gravats, Consuel si le chantier le justifie. Une ligne oubliée se paie rarement après coup. Une ligne prévue, elle, se signe.
- Appliquez le bon taux de TVA. Retenez 20 % pour le neuf ou les locaux professionnels, 10 % pour des travaux d’amélioration dans un logement de plus de 2 ans, et 5,5 % pour la pose d’une borne IRVE dans un logement existant. Si vous facturez en franchise en base, indiquez « TVA non applicable, article 293 B du CGI ».
- Inscrivez les dates qui cadrent le chantier. Mettez la date d’émission, la durée de validité de l’offre, puis la date prévisionnelle de début et la durée estimée des travaux. En pratique, une validité de 30 à 90 jours se voit souvent dans le bâtiment, surtout quand les prix de matériel bougent vite.
- Précisez les conditions de paiement. Notez l’acompte demandé, souvent 30 à 40 % à la signature dans le bâtiment, puis le solde selon l’avancement ou à la réception. Si vous prévoyez un échéancier, écrivez-le noir sur blanc. Pour un chantier en deux jours, un acompte puis un solde à réception suffisent souvent ; pour une rénovation plus longue, fractionnez.
- Faites apparaître vos assurances et qualifications utiles. Indiquez l’assurance décennale, le nom de l’assureur, le numéro de contrat, la couverture géographique et les activités couvertes. Si le chantier l’exige, ajoutez la qualification RGE, IRVE ou Qualifelec, avec leur domaine et leur validité. Pour une borne de recharge, la qualification IRVE et son niveau doivent apparaître.
- Mentionnez la norme visée quand le chantier y touche. Si vous intervenez sur une mise en conformité ou une rénovation lourde, indiquez la référence à la norme NF C 15-100. Ne promettez pas plus que ce que vous faites : remplacement d’un tableau et mise en sécurité d’une partie de l’installation ne veulent pas automatiquement dire remise à neuf complète du logement.
- Calculez les totaux sans mélanger HT et TTC. Faites apparaître le total HT, la TVA ventilée par taux si besoin, puis le total TTC. C’est banal, mais les erreurs arrivent ici. Une ligne à 10 % perdue au milieu d’un devis à 20 % suffit à fausser toute la fin.
- Préparez l’acceptation du devis correctement. Gardez un espace pour la date, la signature et une formule d’acceptation. La mention manuscrite utilisée le plus souvent reste « Bon pour accord » avec « devis reçu avant l’exécution des travaux ». C’est cette partie qui transforme la proposition en engagement clair.
- Créez un avenant si le chantier change. Si vous découvrez deux circuits sans terre, une cloison impraticable ou un tableau sous-dimensionné non prévu, ne retouchez pas le devis signé en douce. Ajoutez un avenant daté, détaillé et accepté. C’est là que beaucoup se coincent.
Ce que le document doit contenir pour vous engager
Un devis de ce type n’est pas juste une estimation jolie à lire. Il sert de base contractuelle. Il doit donc identifier sans flottement l’entreprise, le client, le lieu des travaux et le contenu exact de la prestation. La mention « devis » en en-tête, un numéro chronologique, la date d’émission, la durée de validité, le détail des prix, les modalités de paiement, le planning prévisionnel et la signature ont tous une utilité pratique.
Le point qui fait basculer le document, c’est l’acceptation. Une fois daté et signé par le client, avec la formule d’accord, vous n’êtes plus sur un simple brouillon commercial. Et pour les dépannages, réparations et entretiens dans le bâtiment, le devis écrit est présenté comme obligatoire. Sur le terrain, mieux vaut donc le sortir même pour une petite intervention, surtout si vous facturez déplacement, diagnostic et remplacement de matériel.
| Élément du devis | Ce qu’il faut écrire | Repère concret |
|---|---|---|
| Identification | Entreprise, client, adresse du chantier | SIRET à 14 chiffres, adresse exacte des travaux |
| Datation | Date d’émission et validité | Validité souvent fixée entre 30 et 90 jours |
| Détail des postes | Quantité, unité, prix unitaire HT, TVA, montant HT | Ex. 6 prises, 18 ml de câble, 1 tableau |
| Main-d’œuvre | Heures, forfait ou unité de tâche | Ex. 10 h sur 2 jours pour un tableau |
| Totaux | Total HT, TVA, total TTC | TVA à 20 %, 10 % ou 5,5 % selon le cas |
| Acceptation | Date, signature, bon pour accord | Ajout de « devis reçu avant l’exécution des travaux » |
Les lignes de prix qui évitent un devis flou
Un bon chiffrage d’électricité se lit ligne par ligne. C’est ce détail qui évite la phrase trop large du type « remise aux normes : 3 000 € ». Pour donner un ordre de grandeur utile, on retrouve souvent des postes comme la pose de prise encastrée entre 40 et 80 € HT, l’interrupteur différentiel 30 mA entre 80 et 150 € HT, le tirage de câble entre 5 et 15 € HT par mètre linéaire, le point lumineux entre 50 et 120 € HT, ou encore le déplacement et diagnostic entre 50 et 80 € HT.
Sur les chantiers plus larges, d’autres repères aident à bâtir le devis : tableau standard entre 800 et 1 200 €, tableau plus évolutif entre 1 800 et 2 500 €, coffret de communication entre 200 et 500 €, surcoût fréquent de 20 à 40 % en rénovation par rapport au neuf, et supplément de 10 à 15 % pour une maison à étage. Ce ne sont pas des tarifs à recopier les yeux fermés. Ce sont des bornes pour contrôler que votre prix tient debout avant envoi.
Quand la TVA et les mentions d’assurance changent tout ?
Sur ce sujet, l’erreur n’est pas théorique : un devis juste techniquement peut devenir bancal administrativement. Le taux de TVA doit coller à la nature du local et du chantier. Si vous posez une borne IRVE dans un logement existant, le taux annoncé est de 5,5 %. Pour des travaux d’amélioration dans un logement de plus de 2 ans, c’est 10 %. En neuf ou en local professionnel, c’est 20 %.
Ajoutez à cela les assurances. L’assurance décennale doit apparaître avec l’assureur, le numéro de police, la couverture géographique et les activités couvertes. Son absence est un très mauvais signal. Même logique pour les qualifications qui conditionnent certaines aides ou certains chantiers. Si vous avez promis une intervention ouvrant droit à des aides, l’absence de la qualification annoncée peut vous retomber dessus.
Le point fragile après signature
Une fois le document accepté, vous ne modifiez plus les lignes comme un brouillon Word. Si le chantier bouge, il faut un avenant. C’est vrai pour une plus-value comme pour une suppression de poste. Un circuit caché dans une cloison, un tableau trop petit, un passage impossible par les combles, une ligne cuisson finalement à créer : tout cela se traite par écrit, avec quantités, prix et accord du client.
Autre point sensible, le droit de rétractation quand la signature intervient hors établissement dans le cadre concerné. Le délai annoncé est de 14 jours. Si la mention manque alors qu’elle devait être donnée, le terrain devient mauvais. Et si vous demandez un acompte, annoncez-le clairement. Dans le bâtiment, 30 à 40 % à la signature se pratique couramment, mais il faut le poser noir sur blanc avec les conditions du solde.
Questions fréquentes
Le devis d’électricité est-il obligatoire même pour un petit dépannage ?
Pour les prestations de dépannage, de réparation et d’entretien dans le bâtiment, le devis écrit est présenté comme obligatoire. En pratique, c’est la bonne méthode même pour une intervention courte, surtout si vous facturez diagnostic, déplacement et pièces remplacées.
Combien de temps un devis reste-t-il valable ?
La durée doit être écrite sur le document. Dans le bâtiment, on voit souvent une validité de 30 à 90 jours, ce qui laisse au client le temps de décider sans vous bloquer trop longtemps si les prix des fournitures bougent.
Peut-on demander un acompte sur un chantier électrique ?
Oui, c’est courant. Un acompte de 30 à 40 % à la signature se pratique fréquemment pour couvrir l’approvisionnement et réserver le planning. Il faut l’indiquer dans les conditions de paiement et l’encaisser proprement.
Faut-il détailler les références des prises, tableaux et disjoncteurs ?
Ce n’est pas toujours une obligation stricte, mais c’est une excellente habitude. Quand la marque, la gamme ou la référence sont précisées, il y a beaucoup moins de discussion sur la qualité réellement posée à la fin du chantier.
Un devis signé suffit-il pour lancer les travaux ?
Oui, à partir du moment où il est daté, signé et accepté par le client avec une formule claire d’accord. À ce stade, le document n’est plus une simple estimation commerciale : il encadre l’exécution et la facturation prévues.
Comment chiffrer vite sans bâcler le document ?
Le plus efficace reste de partir d’un relevé de chantier propre et d’une trame de postes récurrents. Pour une visite simple, 30 à 60 minutes de relevé et quelques photos évitent ensuite les oublis de TVA, de déplacement, de ligne dédiée ou de protection au tableau.
Sources
Sources consultées le 28 septembre 2026.
Informations vérifiées à cette date ; des évolutions ultérieures sont possibles. Vérifiez auprès de la source officielle.
- particuliers.engie.fr/economies-energie/conseils-economies-energie/conseils-travaux-renovation/aide-financiere-pour-refaire-electricite.html
- www.aide-sociale.fr/aides-travaux-electricite/
- www.lesfurets.com/energie/electricite/devis-edf